La qualité de l’air intérieur (QAI) est aujourd’hui un enjeu majeur dans les bâtiments tertiaires (bureaux, écoles, hôpitaux, commerces, administrations). Les occupants passent en moyenne plus de 80 % de leur temps dans des espaces clos, où l’air peut être 5 à 10 fois plus pollué qu’à l’extérieur.
Pour répondre aux exigences de santé, de confort et de réglementation, il est essentiel de mesurer et d’améliorer la qualité de l’air intérieur. Les systèmes CVC (chauffage, ventilation, climatisation) jouent un rôle central dans cette démarche.
Qu’est-ce que la qualité de l’air intérieur (QAI) ?
La QAI désigne l’ensemble des caractéristiques physiques, chimiques et biologiques de l’air que respirent les occupants d’un bâtiment. Elle dépend principalement de :
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La ventilation : capacité à renouveler l’air intérieur.
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La présence de polluants : particules fines (PM10, PM2,5), composés organiques volatils (COV), formaldéhyde, radon, etc.
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Les paramètres de confort : température, humidité relative, vitesse de l’air, taux de CO₂.
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L’entretien des installations CVC : propreté des conduits, état des filtres, réglages des débits.
Une mauvaise QAI entraîne fatigue, maux de tête, troubles respiratoires, baisse de la productivité et absentéisme.
Réglementations et normes applicables
Dans le tertiaire, plusieurs réglementations encadrent la QAI :
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Code du Travail : obligation de garantir un air sain et un renouvellement suffisant.
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Arrêté du 1er juin 2016 : obligation de surveillance de la QAI dans certains établissements recevant du public (ERP).
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RE2020 : prend en compte la qualité de l’air dans la conception énergétique des bâtiments.
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Normes internationales :
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EN 13779 : ventilation des bâtiments non résidentiels.
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ISO 16000 : méthodes de mesure de polluants.
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ASHRAE 62.1 : ventilation for acceptable indoor air quality.
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Comment mesurer la qualité de l’air intérieur ?
La mesure de la QAI repose sur des indicateurs précis :
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Taux de CO₂
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Indicateur du renouvellement d’air.
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Valeur cible : < 800 ppm pour un confort optimal (maximum 1000 ppm en tertiaire).
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Particules fines (PM10 et PM2,5)
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Issues du trafic, des imprimantes, des produits de nettoyage.
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Impact sur les voies respiratoires et le système cardiovasculaire.
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Composés organiques volatils (COV)
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Émis par les peintures, colles, mobiliers, produits d’entretien.
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Incluent le formaldéhyde (classé cancérigène possible).
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Humidité relative
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Taux idéal : entre 40 % et 60 %.
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< 30 % : air trop sec, irritation des muqueuses.
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70 % : risque de moisissures et développement bactérien.
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Température
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Confort thermique selon la norme EN ISO 7730 (indice PMV/PPD).
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Polluants spécifiques
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Radon dans certaines zones géologiques.
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Ozone et oxydes d’azote (NOx) dans les environnements urbains.
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👉 Des capteurs connectés permettent aujourd’hui une surveillance en continu, intégrée à la GTC/GTB du bâtiment.
Comment améliorer la qualité de l’air intérieur ?
L’amélioration de la QAI passe par une combinaison d’actions techniques et organisationnelles.
1. Optimiser la ventilation
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Dimensionner correctement les débits d’air selon l’occupation.
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Installer des CTA (centrales de traitement d’air) avec régulation par sondes CO₂.
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Privilégier la ventilation double flux avec récupération d’énergie.
2. Utiliser une filtration performante
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Filtres F7 à F9 pour particules fines (EN ISO 16890).
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Filtres à charbon actif pour réduire les COV et odeurs.
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Suivi et remplacement régulier des filtres pour éviter la perte de charge excessive.
3. Surveiller et réguler l’humidité
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Déshumidificateurs en cas d’humidité excessive.
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Humidificateurs (vapeur, ultrason, adiabatique) pour éviter l’air trop sec en hiver.
4. Choisir des matériaux et produits faibles émetteurs
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Peintures, colles et mobiliers certifiés A+ ou EC1.
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Limiter l’utilisation de produits d’entretien agressifs.
5. Mettre en place un entretien régulier
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Nettoyage et désinfection des réseaux aérauliques.
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Vérification des échangeurs, gaines, ventilo-convecteurs.
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Plan de maintenance préventive sur les installations CVC.
6. Solutions innovantes
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Capteurs intelligents intégrés à la GTB pour ajuster en temps réel les débits.
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Purificateurs d’air à filtres HEPA ou photocatalytiques.
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Ionisation bipolaire pour réduire les particules et micro-organismes.
Le rôle clé du CVC dans la QAI
Les systèmes CVC sont le cœur de la démarche :
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Chauffage : une régulation stable évite les variations de température.
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Ventilation : essentielle pour l’apport d’air neuf et la dilution des polluants.
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Climatisation : doit éviter les excès d’humidité et assurer une diffusion homogène.
Un dimensionnement correct, une régulation intelligente et un entretien rigoureux garantissent une qualité de l’air optimale.
Conclusion
La qualité de l’air intérieur est un enjeu sanitaire, réglementaire et économique majeur pour les bâtiments tertiaires.
Bien mesurer la QAI grâce à des indicateurs précis (CO₂, particules, COV, humidité) et mettre en place des solutions adaptées (ventilation performante, filtration, entretien des CVC, choix de matériaux sains) permet de garantir un environnement sain, confortable et productif pour les occupants.
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